Pialat, selon Lefranc

“T’as 16 ans et tu crois pas à l’amour ?” 

Interview d’Alban Lefranc à propos de son dernier livre Hypothèses sur Maurice Pialat.

Il est des films comme des bourrasques : ceux de Pialat (1925-2003), l’impétueux, le colérique, le polémique, le sublime Pialat, en font partie. Nous nous souviendrons de la scène finale d’A nos amours comme d’une claque monumentale, nous laissant ébaubie comme on ressortirait d’un flash halluciné : sans bien comprendre ce qu’il vient de se passer, émue aux larmes comme par surprise. Sandrine Bonnaire, dont Suzanne fut le premier rôle, y est à chaque visionnage plus époustouflante.

a_nos_amours_france_1983_Pour Alban Lefranc, ce fut L’Enfance nue, qui raconte la trajectoire d’un enfant de la DDASS, grand succès critique et raté commercial, fascinant portrait de l’irréductible enfance dont Pialat ne cessera pourtant de dire qu’il est en deçà de ce qu’il voulait montrer.

Lefranc, auteur des vies imaginaires de Fassbinder (Fassbinder ou la mort en fanfare), Nico (Vous n’étiez pas là), ou encore de Mohammed Ali (Le ring invisible) nous propose un retour en France dans son dernier et court roman : L’Amour la gueule ouverte, paru chez Hélium au mois de mars, en se saisissant de celui qui reçut la palme d’or sous les huées du public en 1987 pour « Sous le soleil de Satan » et rétorqua à la foule le poing levé « Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus »

maurice-pialat
Roman documenté ou plutôt inspiré par les films et les éléments biographiques glanés sur Pialat – prétexte littéraire grâce auquel Alban Lefranc explore les thèmes qui lui sont chers – L’Amour la gueule ouverte fait état des conflits les plus intimes : peur de l’abandon, feux passionnels, sauvagerie et affects, angoisses nées de la distance entre l’état des choses et le désir de ce qu’on voudrait qu’elles soient, constat révolté de ses faiblesses et refus de l’enlisement : toutes choses vécues que la touchante complexité et la sincérité de Pialat ont voulu dévoiler et saisir film par film, et sur lesquelles Alban Lefranc construit lui aussi son personnage, entrecroisant comme dans ses autres romans extraits documentaires, reconstitutions et passerelles imaginaires. Il nous offre une navigation par touches, peut-être plus encore que précédemment, symptomatique d’un sujet fougueux qui innervait de vie instantanée le moindre centimètre de pellicule.

« Ce qui m’intéresse chez Pialat, Fassbinder, ou Mohammed Ali, c’est d’essayer de comprendre comment autant de contradictions peuvent tenir, et de luttes se jouer, en un seul corps » nous confiera Alban Lefranc.
Nous vous invitons à l’écouter à ce propos sur le réseau social du livre Libfly.com, à le lire ensuite, et à plonger dans la filmographie d’un cinéaste éblouissant.

INTERVIEW A ECOUTER SUR LIBFLY.COM

Dans l’ordre, les extraits à l’écoute :
– Nous ne vieillirons pas ensemble – Maurice Pialat -1972
– Gérard Depardieu, à propos de Maurice Pialat – 2009
– Loulou – Maurice Pialat -1980
– L’Amour la gueule ouverte – hypothèses sur Maurice Pialat – Alban Lefranc – Helium 2015
– Sous le soleil de Satan – Maurice Pialat – 1987

« Pour vous : une empathie singulière avec la femme livre et massacrée, massacrée parce que libre. La femme qui affronte le code. Vous l’aimez parce que libre, d’une liberté crue, intransitive. La femme qui risque à tout moment d’être tondue, giflée, insultée, bafouée par le premier connard venu. (…)
Pour vous : la femme qui veut triompher du code, ancien mais toujours en vigueur, mais toujours renouvelé, qui veut que les femmes soient raisonnables, plus sages que les hommes. Code ancien, toujours renouvelé, qui veut qu’elles doivent fermer les yeux sur les coucheries du conjoint mais ne jamais en faire autant. Code ancien, toujours renouvelé, qui leur enjoint forcément de ne pas trop boire, de ne pas trop baiser, de ne pas rire trop fort, de ne pas trop. Faites, faites ce que vous voudrez, mais pas trop, mais modérément. Ces femmes-là vous quittent, forcément, mais ce sont elles que vous aimez. Elles avancent, elles continuent, carnassières et féroces. Elles foncent, elles renversent, elles ne cessent pas d’être elles-mêmes, elles ne cessent pas de dire : je veux, je veux encore. » Alban Lefranc.

captL’Amour la gueule ouverte – Hypothèses sur Maurice Pialat

Alban Lefranc

Hélium – Mars 2015

11,90 euros – 88 pages – 978-2330047122

Le bonheur pauvre rengaine – Sylvain Pattieu

Le hasard a voulu que je lise « Mélancolie ouvrière » de Michelle Perrot quelques semaines avant de découvrir «Le bonheur, pauvre rengaine » de Sylvain Pattieu, et que ce dernier me ramène à Lucie Baud, ouvrière en soie du Dauphiné au tournant du XIXème siècle, dont l’historienne tente de retracer le singulier parcours comme figure de proue du mouvement ouvrier d’alors.

Continue reading

Moscow – Edyr Augusto – Asphalte – Février 2014

Moscow fait l’effet d’un violant ressac qu’on se prendrait sur l’arrière du crâne en pensant avoir échappé au pire. Une main ferme qui nous rejetterait illico dans le tourbillon. Et c’est reparti pour un tour d’errances nocturnes en compagnie des vampires de Mosqueiro, l’île brésilienne que les autochtones surnomment « Moscow ». La peau de Tinho Santos (le narrateur) et celle de sa bande ont la couleur lunaire des nuits qu’ils écument, pillant, violant, tabassant, buvant, jouant : la horde exige et prend, elle ne sait même faire que cela. Les culs des fils à papa qui brillent le jour sous des shorts de plage à la mode, les sourires aux dents blanches, les promesses toutes formatées d’avenir radieux… elle les défonce salement, avec l’assurance d’une meute en chasse, maître du territoire et du temps.

Continue reading

Dandy – Richard Krawiec – Tusitala 2013

**Désirs en quête d’objet**

–Toute ma vie, j’ai essayé de marcher droit, et mes pieds sont partis de travers–

–Dandy–, roman de Richard Krawiec édité aux Etats-Unis en 1986 sous le titre Time sharing, est le récit d’une rencontre de deux solitudes, celle d’Artie et de Jolene,  deux errances dans l’Amérique libérale des années 80. Né dans le Massachussetts, enseignant et travailleur social, l’auteur a plongé sa plume dans l’acier trempé du réel. Dandy est un livre nécessairement violent.

Continue reading

Mémoires d’un bison – Oscar Zeta Acosta – Tusitala – 2013

L’âme des plaines sauvages

Le bison, c’est Oscar Zeta Acosta, écrivain et avocat du célèbre journaliste gonzo Hunter S. Thompson, (son acolyte halluciné dans Las Vegas Parano, Thompson a d’ailleurs écrit la préface émue de ces mémoires ). Coutumier des paradis en forme de comprimés ou de poudre, défenseur, souvent à titre gracieux, des exclus du rêve américain, ce fils d’immigré mexicain écrivit deux livres, dont ses mémoires, avant de disparaître mystérieusement. Son fils aurait été la dernière personne à entrer en contact avec lui : il lui aurait dit qu’il allait emprunter un bateau « rempli de neige blanche »… Certains pensent qu’il a été assassiné par des dealers, d’autres qu’il a rejoint une guérilla en Amérique latine…

Oscar Zeta Acosta ne mourra donc jamais et c’est de toute façon impensable. Cela en dit déjà long sur le personnage chicano : idéaliste invaincu mais blessé, force de la nature aux points faibles clignotant en rouge, mythe coincé dans une carcasse lourde et pataude, loup solitaire et romantique, un mastodonte avec ses 100 kilos de complexe, un junkie aux hallucinations mystiques et sacrément comiques. Oscar Zeta Acosta évoque effectivement le bison, comme symbole éternel de la survivance d’une force immémoriale, animale, sanguine et des peuples colonisés, forcés à l’acculturation ou massacrés.

Nous avons besoin d’une nouvelle identité. Un nom et une langue qui nous soient propres… (…) Je vous propose que nous nous appelions les Bisons Bruns…(…) Oui c’est l’animal que tout le monde a massacré. Absolument, que ce soit les cow-boys ou les Indiens, ils le chassaient tous… Et brun, parce que nous avons des racines mexicaines, que nous tenons à nos ancêtres aztèques…

Mais le bison n’est que muscles quand l’américain est obèse, le guerrier mythique endure coups et blessures sans ciller quand Oscar a les tripes ulcérées depuis ses 20 ans, maladie bien-sûr entretenue et aggravée par sa consommation de Tequila ou de Vodka. Il ne cesse d’ailleurs de se répandre : larmes, sperme, morve, sueur, odeurs, bave, sang… Il s’inflige par désamour une somme de violences inouïes auxquelles s’ajoutent celles des litanies racistes, des injustices sociales, des négations d’identités particulières dont sont victimes les immigrés mexicains ou même les Okies (travailleurs blancs des quartiers déshérités) qui le révoltent et le font éructer depuis l’enfance. Nègre, bouffeur de guacamole, **** de dégonflé, bamboula, sale obsédé… sont les mots doux avec lesquels le petit Oscar a grandi.

On vivait dans le West Side, dans le rayon de propagation des odeurs de la plus grande conserverie de concentré de tomate au monde. Avec ses hordes de mouches et la puanteur des rebuts qui pourrissaient à la chaleur du soleil d’été, le West Side était situé à une distance respectueuse du centre-ville où habitaient les Américains.

Conflits entre quartiers riches et quartiers pauvres, conflits entre communautés de ces mêmes banlieues, conflit au sein même de chacune des minorités, éducation à la dure, où chaque chose doit être réalisée dans le but de « devenir un homme » (et en cas de manquements, des punitions paternelles inhumaines et sadiques s’abattent sur la fratrie), des incitations d’un entourage malveillant à abandonner les études, à cesser d’écrire, c’est-à-dire à poursuivre la construction de soi par la négative, dans l’ombre des destins glorieux…

Ces mémoires ont le goût de la quête : qui est ce « je » dont je n’aurais pas été affligé ? Entre la couenne trop large, le feu intérieur qui brûle les viscères, la solitude et les palliatifs chimiques pour décoller, où est le bison ?

L’avocat narre ses souvenirs à partir de la perte d’une amie (sa fidèle secrétaire de cabinet dont il n’imaginait même pas qu’elle fut malade) et de sa fuite sur les routes. Le macadam, la bagnole et les cachetons, les errances dans les ghettos urbains et les appartements de junkies : voici les ingrédients bien ricains d’une réminiscence qui fait des allers retours dans le temps, et qui dévoile grâce à une langue brute, drôle et clairvoyante, combien est pesante la conscience des chaînes à briser, et nombreux les combats intérieurs contre le désespoir, pour atteindre la grande plaine et la faire rugir sous le poids de 1000 bêtes : le trip ultime.

 

Image

Et je me suis caché – Geoffrey Lachassagne – Aux forges de Vulcain – 2013

cacheÇa se bouscule en nombre, les images, à la lecture de Et je me suis caché de Geoffrey Lachassagne. Il faut dire qu’on est fanatique du cinéma de Bouli Lanners, que le cinéma belge en général nous chavire le cœur, que Les Géants ou La Merditude des choses, on les place haut haut dans le palmarès de nos claques sur bobines, que Bullhead hante encore nos nuits. A vingt pages, c’est L’Enfance nue de Maurice Pialat qui nous obsède à chaque saut de ligne. Damned… Quel bouquin…

Ça se bouscule en nombre, très vite et pour longtemps. A tel point qu’on se dit que ce prisme de lecture est un peu collant, qu’on va peut-être passer à côté de l’essentiel, à force d’attention donnée à la lumière du roman : aux forêts, champs, feu et voie ferrée, aux taillis, ronces, orties, cailloux, aux fougères et feuillages, au paysage plus grand qu’il fallait, à l’eau comme du papier alu qui remplit tes oreilles et replie les bruits de la surface, à la petite ville mortifère et au lilas dans le jardin et puis dedans, aux rejetons de la DDASS qui grandissent trop vite, aux fugues Into the Wild, aux pétarous, aux pétards d’herbe et aux pépés qui tombent le short.
Mais trop tard, nous avons enfin trouvé le pendant littéraire de nos émotions visuelles les plus palpitantes, nous ne bouderons pas ce plaisir…

Plaies corréziennes
Les voix de Titi et Jérémie se succèdent, celles de deux frangins esseulés chez Mémé pour cause d’abandon parental – deux sauvageons hirsutes dans un Eden infernal, nourris de textes bibliques – deux Martyrs de Yahweh, missionnés par l’aïeule pour convertir le voisinage – deux attentes naïves, du retour du grand frère qui a fui à Paris et est attendu comme le fils prodigue – deux gamins entourés de trous béants, la filiation en déshérence mais le Verbe haut, puisqu’il s’agit de créer presque ex nihilo le sens d’une présence au monde.

La métaphore biblique est totale et éloquente : les petits rejetons d’Abraham rejouent l’amour du premier couple à l’Aurore du monde, les luttes fratricides de Caïn et Abel, Moïse guidant le peuple, le buisson ardent, la petite pomme vérolée, le veau d’or et le sacrifice d’Isaac, les épiphanies en mode tétanies. Le fatum mystique ne cesse de correspondre aux déterminations socio-économiques contemporaines : les deux gamins corréziens revêtent ainsi le caractère emblématique et tragique des figures mythologiques.

Si on s’en sort vivant de ce merdier Major…
Mais Baptiste et Jérémie peuplent aussi leur monde du syncrétisme délirant propre aux enfants, du génie des élucubrations juvéniles, déviant ainsi les routes tracées pour eux : c’est l’Armageddon au bord du lac, l’invasion des chinois est imminente, ces impies arabes qu’une bonne croisade devrait réduire au silence et Géronimo fume le calumet de la paix en songeant à Mesrine sur un bon vieux Wu-Tang. Ils tirent certainement une forme de liberté de cet infernal mélange de genres, qu’aucun adulte ne peut contraindre, aucune prophétie circonscrire. L’imaginaire collectif et la poésie, refuges des innocences sacrifiées.

Ce mélange des genres, Geoffrey Lachassagne le manie à merveille. Les deux (puis trois) voix sont extrêmement originales, et pas une faille dans le décor sur plus de 200 pages… La plume a de le trempe : chacun des caractères, de premier plan ou non, est un manifeste, une proclamation singulière d’existence, une grammaire sensible. C’est un délice pour les yeux.

Titi par exemple : un joyau brut, cet ado. C’est lui qui nous embarque, avec sa voix de petit caïd bourré de failles, ces expressions bien de chez lui, sa faculté poussée de contemplation sensible … Titi a des reflets de 30 ans plus vieux ou de 7 ans de moins en fonction de la lumière. On a eu un sacré coup de foudre pour Titi, on ne va pas le cacher, un comme rarement.

Jérémie le petit frère a l’âge de raison. C’est la Matilda de De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites, le poète, le prophète en métaphores, l’illuminé condamné à la solitude, l’étoile sur le gazon, l’amoureux d’une Tulipe ailée, le dernier sacrifié. Il est entouré d’apparitions, de symboles et de fulgurances. Jérémie souffre comme un petit de 7 ans et psalmodie comme un ancêtre de 1007, puisqu’il a vu l’Ange, et verra sa chute.

Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent – François Szabowski – Aux forges de Vulcain – 2012

Voyage vertigineux en mythomanie aiguë

Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent de François Szabowski, premier volume des épisodes du journal d’un copiste publiés d’abord sur la toile, nous permet de réaliser un fantasme de longue date, d’oser le grand plongeon, de ressentir enfin la jouissance tant espérée d’être la petite souris qui entend tout, au pied de l’échafaudage de l’inavouable bêtise, de la crétine naïveté paroxysmique et finalement de la folie obsessionnelle.

C’est le grand voyage, dans les petits méandres psychologiques d’un sous type certainement lunaire au premier abord, très égotiste, et on y puise matière à rire sur 300 pages, mais pas seulement. Dur d’imaginer être plus à côté de la plaque que cet anti-héros, à tel point qu’on se poserait bien la question du handicap mental et qu’on finirait presque étouffé par ses logorrhées dont la logique est implacablement inhumaine.

Il incarne à la suite tout ce qu’on détestait chez les premiers de classe boutonneux arrivistes, chez le frangin embué de vapeurs alcooliques, chez l’orgueilleux qui n’a d’autre point de vue sur le monde que celui qu’éclaire son nombril, chez le soupirant ou l’amant incapable de se départir de l’idée qu’il a de l’autre pour le contempler tel qu’il est…

Les petits arrangements avec soi sont sans limite pour le copiste, dont le raisonnement pauvre, tordu et définitivement obscurci de lui-même et de ses angoisses psychotiques, va jusqu’à lui faire commettre des impairs qui vont de l’indélicatesse à la faute pénale. Mais « Heureux les sots, le royaume des cieux est à eux », François s’en sort toujours, avec toute la virtuosité et l’ingéniosité que les débiles obtus sont capables de mobiliser quand leur survie est en jeu, et une chance inouïe, qui résonnerait comme une injustice révoltante s’il n’était question de fiction. Les femmes n’aiment pas les hommes qui boivent est une gigantesque planification formelle absolument cohérente dans son absurdité, un château de justifications et d’auto complaisance dont on attend la chute grotesque mais qui ne cesse de s’élever plus haut sans cesser de vaciller. Château de cartes ou puzzle géant, François Chabeuf a la minutie d’un autiste qui abhorre le vide.

J’ai débuté ce roman en me disant que je n’irais certainement pas au bout. L’ennui originel, relatif mais réel, insinue le doute sur la qualité de la langue, on la scrute à chaque ligne, on y trouve à redire, on décèle lourdeurs simplistes et répétitions sans fondements : le héros est lourd, mais après tout, la langue n’est pas censée me peser autant que lui, d’autant qu’on décèle tôt certaines qualités formelles, que l’on juge trop rares, du coup. Et puis on avance, on s’aperçoit que la langue s’élève elle aussi, se met même à chanter, et nous voici bientôt complètement pris à rire et désespérer du primate génial, virtuose de la mauvaise foi et de la manipulation.

L’apogée de son machiavélisme arrive assez tôt dans le récit : la progression tragique est à découvrir ailleurs : dans ce que l’accélération de la langue provoque comme sentiment d’étouffement, qui vous fera refermer le livre dans un vertige mêlé de dégoût halluciné, d’usure émotionnelle et de fascination. Une expérience de lecture étrange, qui force à quelque chose d’assez inhabituel, et finalement à un sacré dépassement de soi.

L’imagination de François Szabowski fait partie de celles qu’on voudrait décortiquer, comme un mystère un peu effraImageyant